« What is the film about ? » !

Gaston Kaboré, Jihan El Tahri et Dora Bouchoucha ont ouvert le Ouaga Film Lab par un atelier commun. Cette année, 10 projets ont été sélectionnés. Il y a des projets documentaires et de fictions. Chaque projet est représenté par son producteur et son...

« What is the film about ? » !

Gaston Kaboré, Jihan El Tahri et Dora Bouchoucha ont ouvert le Ouaga Film Lab par un atelier commun. Cette année, 10 projets ont été sélectionnés. Il y a des projets documentaires et de fictions. Chaque projet est représenté par son producteur et son réalisateur.

D’emblée les formateurs donnent le ton de cet échange : tout le monde s’installe en cercle ! Le travail prendra la forme d’une discussion où chacun pourra intervenir.Les formateurs ont lu tous les dossiers avant de venir. Ils ont pu s’imprégner des histoires de chaque film. Le duo participant présente son projet : toujours le producteur d’abord et ensuite le réalisateur. Ils expliquent comment le projet est arrivé au stade où il en est. Le producteur revient sur ce qui l’a décidé à porter ce projet, qu’est ce qu’il y a dans le film et dans son réalisateur qui l’ont poussé à s’engager. Le réalisateur retrace la naissance du projet et détaille les idées principales de son film. Jihan El Tahri explique que cette présentation du producteur et du réalisateur doit répondre aux « 5W » : Who, Where, When, What et Why (Qui, où, quand, quoi et pourquoi).

Rama Thiaw (productrice) et Hamedine Kane (réalisateur) viennent avec un projet de film documentaire « A l’ombre d’Elimane ». Ce sont les premiers du groupe à se prêter à l’exercice de présentation. Chacun explique son arrivée au cinéma, le lien qu’il a avec le film. Ils utilisent de grands mots pour situer la réflexion qu’ils veulent créer  :exil, apatridie, place. Quand ils ont terminé, chacun des trois formateurs revient sur un aspect : le titre, les images, les thématiques, le choix des mots, le point de vue adopté, l’approche etc. Ils décortiquent tout. Rama et Hamedine complètent leurs précédentes interventions. Ils doivent préciser ce qui pose question.

Cette démarche de déconstruction n’est pas gratuite. Elle a pour objectif une profonde remise en question pour aboutir à un projet aux bases solides. Gaston Kaboré explique que c’est normal d’avoir des éléments moins solides que d’autres. D’autant qu’il y a toujours une relation personnelle inconsciente avec un film. Il faut y penser pour pouvoir expliciter sa nature et en quoi elle détermine le film. Les formateurs renvoient à de très nombreuses références, principalement cinématographiques. Pour faire un film, il faut en regarder.

Certaines fois, les producteurs et réalisateurs pensent connaitre leur film. Mais quand ils creusent un peu alors ils réalisent qu’il reste beaucoup de travail. Les interventions des formateurs déstabilisent parfois les porteurs de projet. C’est normal d’avoir des zones d’ombres dans les premiers temps. Pour aider à les éclaircir, Ouaga Film Lab prévoit un accompagnement individuel avec des séances de mentoring. Chaque projet et ses porteurs sera suivi pendant le temps du Lab pour une discussion personnalisée. C’est un processus. La maturation d’un projet de film est lente. Mais un Lab comme celui de Ouaga permet de ne pas passer à côté d’un film et d’en exploiter pleinement les potentialités.

Charlotte Grenèche.

Article initialement publié sur AvantPremière.over-blog.com. Source : https://pilumpikuprod.over-blog.com/2017/09/what-is-the-film-about.html

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