Un master class à l’endroit des acteurs du monde cinématographique s’est tenu ce mercredi 20 septembre. Il était question d’échanger sur l’expérience de Idrissa Ouédraogo et de discuter sur les difficultés auxquelles les cinéastes sont confrontés.
« Idrissa Ouédraogo est l’un des plus grands cinéastes de l’Afrique et je suis très heureux d’être le modérateur de ce masteur class » a déclaré Aboubacar Demba Cissoko, chargé de communication, en ouverture de la rencontre. Affectueusement appelé le Maestro, Idrissa Ouédraogo est né à Ouahigouya dans la région du Nord où il a fait son curcus scolaire. Il est passionné du cinéma dès son jeune age. A 13 ans déjà, grâce à Alidou Ouédraogo, ex-président du Mouvement des droits de l’Homme et des peuples, il devient président de l’association des élèves et étudiants de Ouahigouya. Ils organisaient ensemble des sessions de théâtre et c’est grâce à cette expérience qu’il s’est rapproché du cinéma qui est plus attractif, estime-t-il. Il entreprend des études d’anglais à l’Université de Ouagadougou. En 1977, il s’inscrit à l’Institut Africain d’Etudes Cinématographiques (INAFEC). Dominique Navron un de ses professeurs, enseignait la photographie. Et peu à peu faire la photographie est devenu une seconde nature.
Son parcours n’est pas aussi rose comme on pouvait se l’imaginer. Etant membre de l’AEVO (Association des Etudiants Voltaïques) à l’Université de Ouagadougou, il a participé à une grève. Suite à cette participation, il a été exclu définitivement de l’université. Cela l’a empêché de bénéficier d’opportunités, notamment celle de continuer ses études en France.
Son amour pour le cinéma est si grand que malgré tout, il se bat et réussi à partir faire des études cinématographiques en Union Soviétique. Il ne restera pas longtemps à Moscou à cause des conditions de vie. Il va finalement se retrouver à Paris.
Il a commencé à faire ses films dans les années 1980. En 1981 il réalise son premier film court métrage « Poko » qui obtient le prix du meilleur court métrage au Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou, FESPACO.
Il continue : « Ensuite j’ai réalisé mon premier documentaire de six minutes. Tous mes films documentaires étaient sans commentaire, sans dialogue et les images étaient expressives. Je mettais en pratique le cours de M. Navron.
Yam Daabo (Le choix, 1986) a été mon premier long métrage de 45 mn réalisé sous la Révolution et je l’ai tourné avec l’aide d’un ami. S’en est suivi le film Yaaba (grand-mère) en 1989 et j’ai eu un grand prix à Tokyo et j’ai utilisé cet argent pour réaliser le film Tilaï en 1990 qui a obtenu le grand prix au Festival de Cannes en 1990 et grand prix Etalon de Yennega au FESPACO en 1991. J’ai réalisé sept autres longs métrages après ces films. » Tous ses films étaient réalisés dans la simplicité.
Après la projection de deux extraits de son film Samba Diallo, il a explique son goût pour les plans larges. Tous les personnages, le décor, le paysage sont visibles pour que l’occupation de la scène soit totale.
Le modérateur a laissé le champ libre aux participants d’exprimer leurs préoccupations diverses auxquels le « Maestro » répondait avec humour. Il conseillait aux jeunes réalisateurs et producteurs… de ne pas créer une barrière entre eux et les anciens cinéastes. Ils doivent beaucoup communiquer pour mieux apprendre et créer des collectifs pour s’entre-aider. Ils doivent également bien se former, mieux connaitre les techniques du cinéma et être beaucoup créatifs. « Le Burkina Faso doit financer plus de films. » a-t-il ajouté. Pour finir, il a promis de laisser en héritage un film qu’il envisage réaliser sur Boukary Kouttou, Naaba weobgo qui parle de la résistance coloniale contre les francais en 1896…
Laetitia BAYALA
Article initialement publié sur AvantPremière.over-blog.com. Source : https://pilumpikuprod.over-blog.com/2017/09/idrissa-ouedraogo-partage-son-experience.html

