LA CO-PRODUCTION INTERNATIONALE, AFRIQUE ET LE RESTE DU MONDE AU COEUR DES ÉCHANGES

Le jeudi 21 Septembre a eu lieu un master class à l’hôtel Splendid avec Dora Bouchoucha dans le cadre du Ouaga Producers Lab. Elle est productrice et a travaillé sur de nombreux films, tunisiens et étrangers. Elle intervient sur les co-productions internationales...

Le jeudi 21 Septembre a eu lieu un master class à l’hôtel Splendid avec Dora Bouchoucha dans le cadre du Ouaga Producers Lab. Elle est productrice et a travaillé sur de nombreux films, tunisiens et étrangers. Elle intervient sur les co-productions internationales alors que les pratiques en production diffèrent selon les pays.

Le master class d’échange avec Dora était adressé aux jeunes producteurs qui veulent élargir leurs champs de connaissances dans le domaine de la co-production. Avant tout propos, Dora Bouchcoucha a donné la parole à tour de rôle aux participants et chacun a commencé par raconter son expérience en tant que jeune producteur.

« J’ai procédé de cette façon dans le but de comprendre leurs désirs et nécessités de faire ce métier et ainsi leur transmettre de facon pragmatique ce qu’est ce métier et ses conséquences. » explique Nora. Et d’ajouter : « L’idée de ce master est née du fait que la plupart des jeunes producteurs prennent la production comme un lieu de financement et ils ont tendance à confondre le producteur au directeur de production. » Après chacune de leurs interventions, elle leur a donné des conseils pour qu’ils comprennent l’importance de leurs choix. Partant de son parcours professionnel elle a creusé dans le leur afin de voir si c’est réellement cette profession qu’ils veulent embrasser.

Elle est revenue sur les grands principes de la production « c’est la clarté, et l’honnêteté ; c’est le temps, c’est l’argent. Etre producteur, c’est faire recours à la créativité et à l’art car la concurrence est très rude. En faisant un film, il faut se demander quel type de message on veut faire passer et détecter le public cible. Le producteur doit travailler en équipe. »

En faisant cette mise au point, Dora Bouchoucha souhaitait probablement remettre à plat les compétences du métier de producteur. En effet, quand on parle de co-production, il faut être sur la même longueur d’onde. Pour un projet de film porté par un producteur originaire d’un des pays africains, la co-production est un moyen d’obtenir les fonds nécessaire pour boucler le budget. Par exemple, un producteur burkinabè va s’associer avec un producteur français et aura ainsi accès aux guichets de financements en France. Mais une co-production n’est pas facile à mener. Justement parce qu’à la base les producteurs de différents pays n’ont pas les même pratiques. Donc il est nécessaire de contractualiser sérieusement ce type de collaboration : qui fait quoi, quelles parts pour qui, quels sont les étapes, quand se rendre des comptes et comment etc.

Trop contents d’avoir un projet co-produit, les producteurs vont parfois négliger ces aspects. Cela entachent certaines co-productions d’incompréhensions et parfois de mauvaises répartitions de l’argent. Ça gâche un système et enraille cette économie. Ce type de problèmes finira par remonter aux bailleurs. Ceux-ci, constatant des dérives, conditionneront plus sévèrement l’attribution de leurs financements. Il sera de plus en plus difficile d’obtenir des fonds pour un film. Dommage.

Ce master class de « recadrage » des pratiques était essentiel. Un producteur averti en vaut deux… Preuve en est la déclaration d’un participant à sa sortie : « J’ai appris plein de choses sur la production, son but, ce qu’elle est et surtout ses limites ; et nous jeunes producteurs en devenir appliquerons tout ce qui a été dit durant cette séance d’échange.  Et ce que j’ai aimé c’est la prise de parole individuelle qui nous a permis d’exprimer véritablement nos préoccupations. »

 

Laetitia Bayala

Crédit photo: Germain Kiemtore

Crédit photo: Germain Kiemtore

Article initialement publié sur AvantPremière.over-blog.com. Source : https://pilumpikuprod.over-blog.com/2017/09/la-co-production-internationale-afrique-et-le-reste-du-monde-au-coeur-des-echanges.html

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