Le film « TilaÏ » qui signifie « Question d’honneur » de Idrissa Ouédraogo a encore fait battre le cœur des cinéphiles notamment des jeunes producteurs, réalisateurs, producteurs bref toutes catégories confondues du milieu cinématographique lors de la projection à l’hôtel Splendid, lundi 18 septembre.
Après le mot de bienvenue d’Ousmane Boundaoné, coordinateur des programmes, le public a visionné le long métrage qui décrit l’histoire d’une jeune fille nommée Nogma promise en mariage à Saga. Ce dernier après plusieurs années d’absence revient dans sa ville natale. Une surprise l’attend : son père avait épousé sa dulcinée. Saga et Nogma continuent de se voir en cachette car ils s’aiment. Le village finit par découvrir la relation adultère et juge le jeune homme. C’est de l’inceste et Saga doit mourir. Kougri son frère est désigné pour le tuer.
Silence, soupirs et cris de désolement se faisaient entendre dans la salle montrant ainsi l’attention particulière qu’apportaient les cinéphiles durant la projection. En effet, le public a renoué avec des acteurs talentueux. Rasmané Ouédraogo, comédien bien connu des cinéphiles, incarne le rôle de l’acteur principal Saga. Il est accompagné par la très juste Inna Cissé dans le rôle de Nogma.
Tourné à Ouahigouya, la simplicité est l’une des forces de ce film dramatique. Idrissa Ouédraogo à travers les plans larges qu’il utilise sublime les paysages de la région. Le cadre est soigneusement composé et il apporte au récit autant que les dialogues. Comme le dit un dicton, « une image vaut mille mots ». Premier étalon d’or Burkinabè au FESPACO, Tilaï a reçu un grand prix à Cannes en 1990. Ce film a fait triompher le Burkina Faso sur les écrans du monde entier. Depuis vingt sept années d’existence, ce film a toujours une grande audience. Il continue d’exister et de perdurera parce qu’il est intemporel. « Les questions de sentiments d’amour, de haine … n’ont pas de durée limitée. Ce sont des choses qui se vivent au jour le jour. Tout comme le film Yaaba qui est toujours vu par les cinéphiles. » a commenté Idrissa Ouédraogo après la projection.
« Lorsque je faisais ce film, j’avais la trentaine. Je venais de quitter le Burkina Faso et j’étais à Paris. Et lorsqu’on se retrouve seul, dans le froid, on a la nostalgie de notre pays. Alors de temps à autre, mes pensées se tournent vers Ouagadougou. Et à cette époque la vision de la France était celle de l’Afrique pleine de misère, de famine… C’est pourquoi j’ai eu l’idée de faire un film tragique, parce que la tragéidie est aussi universelle. La tragédie grecque est aussi égale à la tragédie africaine. Je n’ai donc pas voulu parler uniquement des histoires de mariage, de traditions ; c’est le tragique qui m’intéressait. » A-t-il conclu.
Le but des projections pendant toute la durée du Ouaga Film Lab est d’apporter des références aux participants. Les discussions qui s’en suivent permettent aux jeunes cinéastes de voir comment se construit la parole autour d’un film.
Laetitia Bayala
Article initialement publié sur AvantPremière.over-blog.com. Source : https://pilumpikuprod.over-blog.com/2017/09/tilai-un-film-encore-d-actualite.html



